Vous recrutez souvent ? Alors vous avez sans doute déjà vécu cette situation : pendant l'entretien, vous remarquez que le CV ne correspond pas tout à fait à la réalité. Une formation a bien été commencée, mais jamais finie. Ou un poste comportait moins de responsabilités que ce qui est écrit sur le papier.
Un mensonge sur un CV : que faire quand vous le découvrez ?
18-03-2026
Comment réagir face à ces inexactitudes, qu'elles soient intentionnelles ou non ? Nous avons posé la question à Naomi Moray. En tant que Head of Learning chez Accent, elle forme nos recruteurs. Elle leur apprend à analyser les profils en profondeur et à repérer d'éventuelles différences.
Les postulants mentent-ils souvent sur leur CV ?
« Cela fait vingt ans que je travaille dans le recrutement. Un diplôme inventé ou un employeur fictif : ce type de mensonges flagrants reste rare. Il s'agit plutôt de nuances subtiles. Les postulants se trouvent dans une position d'incertitude. Ils veulent décrocher un job et se retrouvent en concurrence avec d'autres profils. Résultat : ils se positionnent parfois de manière un peu plus avantageuse, en gonflant certaines compétences ou expériences. »
« Quelqu'un dira par exemple : j'ai piloté ce projet de A à Z. Alors qu'en réalité, cette personne a certes contribué activement au projet, mais portait moins de responsabilités qu'elle ne le laisse entendre. »
Mentir sur un CV, est-ce impardonnable selon vous ?
« Il existe bien sûr des limites éthiques strictes. Si une personne partage volontairement des informations fausses et trompeuses pour obtenir un avantage, ce profil n'entre pas en ligne de compte. L'intégrité n'est pas un "nice to have", c'est une compétence de base. Sans confiance, impossible de construire une collaboration. »
« Mais qu'un postulant cherche à se présenter sous son meilleur jour, c'est tout à fait normal. Imaginons une légère exagération sur ses compétences : il n'y a pas toujours de mauvaise intention derrière. Selon moi, les nuances dans la formulation restent tout à fait discutables. En revanche, en tant que recruteur, vous devez rester attentif et repérer les incohérences. Car l'objectif est d'obtenir l'image la plus fidèle possible du profil. »
Les recruteurs repèrent-ils toujours ces nuances ?
« Oui, tout à fait. Nous screenons chaque profil en profondeur. Pas par méfiance, mais parce que nous voulons apprendre à connaître chaque personne le mieux possible. C'est uniquement de cette façon que nous créons le match parfait avec la bonne offre d'emploi, et que nous bâtissons des collaborations durables. Voilà pourquoi nous formons nos recruteurs à poser des questions approfondies lors des entretiens et à rester vigilants face aux incohérences. »
« Nous réalisons également des prises de références, avec l'accord du candidat concerné. Tout comme le screening, ces vérifications nous aident à obtenir une vision complète de la personne en face de nous : quelle expérience a-t-elle acquise, comment l'ancien employeur perçoit-il la collaboration, quels sont ses points forts, quels sont les axes de développement ? »
« Grâce à cette approche, nos recruteurs détectent rapidement lorsqu'un profil a embelli certaines compétences ou qualités. Dans ce cas, nous abordons le sujet de manière ouverte. Chaque personne possède des talents. À nos recruteurs de les identifier et de les évaluer correctement. »
Bien entendu, les recruteurs doivent respecter la législation. Que pouvez-vous demander, et que ne pouvez-vous pas demander ?
« Exactement, il existe un cadre légal clair. La loi sur la vie privée (RGPD) détermine par exemple quelles données vous conservez sur un profil et pendant combien de temps. Mais selon moi, cela va plus loin : c'est aussi une question de professionnalisme et de respect. Nous ne demandons que les informations pertinentes pour le poste à pourvoir. Nous ne posons pas de questions sur l'état de santé, l'origine, les convictions religieuses… Car cela ne dit rien sur les capacités d'une personne. »
« Naturellement, dans certains cas, des exigences pratiques s'imposent. Par exemple : en raison de préférences personnelles ou de circonstances particulières, travailler en horaires très matinaux ou tardifs n'est pas faisable pour tout le monde. Une telle offre ne représente alors pas le bon match. Un job doit s'intégrer dans la vie de la personne concernée. »
Les entreprises qui gèrent leur recrutement en interne, prennent-elles un risque selon vous ?
« En toute honnêteté : oui. Et je ne cherche absolument pas à critiquer ces entreprises. Le recrutement est tout simplement un métier à part entière. Les recruteurs se spécialisent dans les techniques d'entretien et les indicateurs comportementaux. Ils évaluent les compétences d'un postulant. En parallèle, ils sondent l'attitude, la capacité d'apprentissage et la motivation. Et ils vérifient si le profil correspond au futur employeur, ce qu'on appelle l'adéquation culturelle. C'est ainsi qu'ils aboutissent à des matches solides et durables. »
« Les entreprises qui recrutent elles-mêmes leurs collaborateurs se concentrent souvent uniquement sur les compétences. Le risque de mismatch augmente alors. Pourvoir rapidement un poste… beaucoup de personnes en sont capables. Mais la rapidité ne doit jamais compromettre la qualité. Un mauvais recrutement coûte bien plus qu'un poste qui reste ouvert un peu plus longtemps. »
« C'est précisément là qu'un partenaire de recrutement professionnel comme Accent fait la différence. Nous réunissons le bon profil et la bonne entreprise, et nous créons ainsi du progrès sur le marché de l'emploi. »
Vous regardez donc au-delà des compétences et des fonctions précédentes. Dans quelle mesure le CV est-il « surévalué » ?
« Selon moi, le CV est clairement surévalué. Il raconte ce qu'une personne a fait par le passé. Ce n'est pas sans importance, mais ce qui m'intéresse avant tout, c'est le potentiel. Qu'est-ce que cette personne est encore capable d'accomplir à l'avenir ? Si vous vous focalisez uniquement sur le CV, vous risquez de passer à côté de talents prometteurs. Et c'est un risque majeur, surtout dans un marché de l'emploi aussi tendu. »
« J'aime regarder l'histoire derrière le CV. Quelqu'un aligne sept beaux intitulés de fonction. Mais ce qui m'intéresse vraiment, c'est l'impact que cette personne a eu dans chacun de ces rôles. Qui est-elle en tant que professionnel ? Où voit-elle encore des opportunités de croissance ? Faire correspondre un CV à une offre comme s'il s'agissait d'une checklist, ce n'est pas notre approche. Nous visons des collaborations durables et qualitatives. Nous créons ainsi un impact positif sur la vie du postulant, sur l'équipe qu'il rejoint et sur l'entreprise où nous le plaçons. »
Vous recherchez une collaboration durable et qualitative ?
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